S'installer en Quercy Rouergue

Concilier métier
et cadre de vie

Témoignage de Samuel,
géographe installé à Caylus

À 45 ans, Samuel a fait le choix d’un changement de vie réfléchi, sans rupture brutale mais avec une réelle évolution de ses aspirations. Géographe de formation, il incarne ces profils qualifiés qui choisissent aujourd’hui de s’installer en milieu rural, non pas par défaut, mais par cohérence entre projet professionnel et cadre de vie. Installé sur le territoire des Causses et Gorges de l’Aveyron, il livre un témoignage précis sur les réalités de l’installation à Caylus et ses alentours.

Quitter le Poitou pour un territoire plus naturel

Originaire d’Angers, Samuel a construit la première partie de sa carrière en bureau d’études privées, entre la Normandie et le Poitou. Pendant treize ans, il enchaîne les missions ponctuelles, avec une frustration grandissante. « Je voulais travailler en collectivité pour pouvoir suivre un projet de territoire sur le long terme », explique-t-il.

Mais au-delà de l’évolution professionnelle, c’est aussi un besoin de transformation personnelle qui s’exprime. « J’étais à la recherche d’un territoire avec plus de naturalité, avec moins de densité de population, où la nature soit plus présente, plus spontanée. » Une aspiration qui l’éloigne progressivement des paysages agricoles très structurés du nord-ouest de la France.

Ce changement, il le définit lui-même comme « un changement dans la continuité » : rester dans son domaine d’expertise tout en modifiant son environnement de travail et de vie.

Pourquoi s’installer à Caylus et dans le Quercy Rouergue

Bien avant son installation, Samuel entretient déjà un lien avec le territoire. « Quand je vivais dans le Poitou, je descendais un week-end sur trois dans le Quercy pour retrouver ces paysages, cette naturalité. » À force de séjours répétés, une évidence s’impose.

« J’étais attiré par cette région, par ses ambiances, par son patrimoine historique et naturel. » Lorsqu’une opportunité professionnelle se présente au sein de la Communauté de communes QRGA couvrant 17 communes, la rencontre entre projet de vie et opportunité devient concrète.

Saint-Antonin-Noble-Val et ses environs offrent précisément ce qu’il recherchait : un équilibre entre vitalité locale et immersion dans un environnement naturel préservé. « Ça a matché sur les deux plans », résume-t-il.

Une installation qui relève d’un « changement dans la continuité »…

Campagne de Parisot - 📸@Samuel

💬 « La vallée de la Bonnette correspond parfaitement à ce dont j’avais envie, avec ses paysages emblématiques et des ambiances très apaisées. »

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💬  « Mon quotidien est très humain. Les relations sont directes, il y a peu de formalisme. »

Se loger en milieu rural : entre opportunités et persévérance

Comme beaucoup de nouveaux arrivants, Samuel se confronte rapidement à la réalité du logement en zone rurale. Son installation repose en partie sur des opportunités qu’il qualifie lui-même de « coups de chance ».

« J’ai d’abord trouvé un logement passerelle via une location hivernale chez un hébergeur touristique à Espinas », raconte-t-il. Une solution temporaire, suivie quelques mois plus tard par une location à Lacapelle-Livron, trouvée elle aussi via des petites annonces. « La vallée de la Bonnette correspondait parfaitement à ce dont j’avais envie, avec ses paysages emblématiques et des ambiances très apaiséesJ’y suis resté six ans, c’était un petit coin de paradis.»

Mais derrière ces réussites, il insiste sur la nécessité d’une recherche active. « Il faut être en veille pendant des semaines, voire des mois, pour pouvoir saisir une opportunité. » Un constat clair : « j’ai senti dès mon arrivée que ce n’était pas simple de se loger ».

Aujourd’hui installé à Caylus, dans la vallée de la Bonnette, il a fait le choix d’un environnement plus calme que Saint-Antonin. « J’ai besoin de plus de tranquillité, et ce secteur correspond parfaitement à mes attentes. »

Travailler en collectivité : un quotidien professionnel plus humain

Le passage du bureau d’études privé à la collectivité transforme profondément son quotidien. Là où il travaillait auparavant de manière isolée, il découvre une richesse relationnelle nouvelle. « Ici, j’ai trouvé une diversité de profils, de métiers, de personnes. »

Ce changement se traduit par une évolution dans les modes de travail. « On n’est plus dans une logique de dossiers anonymes. On travaille directement de personne à personne. » Il décrit un environnement professionnel marqué par la proximité et l’accessibilité. « On se parle par prénoms, on sait à qui s’adresser. »

Pour lui, cette dimension humaine est centrale. « Mon quotidien est très humain. Les relations sont directes, il y a peu de formalisme. » Une différence notable avec les environnements urbains plus structurés.

S’intégrer en milieu rural : un territoire ouvert et diversifié

L’intégration de Samuel sur le territoire s’est faite rapidement, presque naturellement. Un contraste fort avec ses expériences passées. « C’est le jour et la nuit par rapport à ce que j’ai connu auparavant. »

Il apporte un éclairage intéressant en tant que géographe. Selon lui, la différence tient à la nature même du territoire. « Ici, ce n’est pas un espace périurbain, c’est un espace rural avec une population renouvelée. »

Ce renouvellement crée une diversité de profils et de parcours qui enrichit les échanges. « Il y a toujours une surprise dans les rencontres. Les gens ont des choses à apporter. » Même pour une personne réservée, les interactions sont facilitées. « L’intégration est rapide, même quand on est introverti. »

Ce qui marque le plus Samuel dans sa vie quotidienne, c’est la qualité des relations humaines. « Les rapports sont plus vrais, plus directs. » Cette proximité permet aussi de désamorcer plus facilement les tensions. « On peut casser les conflits par des échanges directs, par la connaissance. »

Il ne nie pas pour autant les spécificités de la vie locale. « Il y a des rumeurs, des cancans, mais ça fait partie de la vie. » L’essentiel reste, selon lui, cette capacité à maintenir des relations apaisées.

S’installer en milieu rural : conseils et points de vigilance

Avec recul, Samuel insiste sur l’importance d’adapter son projet à la réalité du territoire. « Tout dépend d’où l’on vient. » Pour les profils urbains, le premier changement concerne la perte de l’anonymat. « Ici, tout le monde se connaît. »

Il met également en garde sur les contraintes de mobilité. « Il faut accepter de prendre la voiture régulièrement, parfois pour parcourir 30 ou 40 kilomètres. » Une réalité parfois en contradiction avec certaines aspirations écologiques. « Même en centre-bourg, on ne peut pas tout faire sans voiture. »

Son conseil principal reste la souplesse. « Il faut savoir adapter ses valeurs et ne pas arriver avec un projet figé. » Et surtout, s’ouvrir au territoire. « Il ne faut pas rester dans sa bulle. Il faut aller voir les habitants, les collectivités, comprendre comment vit le territoire. »

💬 « On se tutoie, on échange de personne à personne. Même quand on est socialement réservé comme moi, l’intégration est rapide, car il existe toujours des lieux et des occasions pour se rencontrer. »

Bourg de Parisot - 📸@Samuel

💬 « Il faut savoir adapter ses valeurs et ne pas arriver avec un projet figé. »

Un territoire à adapter face au changement climatique

En tant que géographe, Samuel porte également un regard engagé sur l’avenir du territoire. Les enjeux climatiques sont, selon lui, centraux. « La situation est grave, notamment sur la ressource en eau et la biodiversité. » Il observe déjà des transformations concrètes. « L’été est en train de devenir une mauvaise saison. » Un renversement qui interroge particulièrement les territoires touristiques.

Pour lui, l’enjeu est aussi culturel. « Un territoire est une construction humaine, une représentation mentale. Il faut faire évoluer ces représentations. » Son ambition est claire : contribuer à accompagner cette transition.

Son coup de ❤️ local

Au-delà des aspects professionnels et techniques, Samuel évoque aussi son attachement sensible au territoire. « Mon coup de cœur, ce sont les matinées d’automne, avec la brume dans les vallées et les lumières douces. »

Un regard presque contemplatif, hérité de sa pratique de la photographie. « Quand je suis arrivé, je me suis dit que tout était photogénique. » Il invite d’ailleurs les nouveaux arrivants à explorer. « Il faut aller chercher les petits hameaux, découvrir les ambiances. On est souvent surpris. »

GR46, Caylus - 📸@Samuel