Quitter Bordeaux pour la campagne

Crédit photo: Nina Vivies @studio.mum.creative

Se réinventer

à Saint-Antonin-Noble-Val

Messodie Samama :
Entre télétravail et kinésiologie

À 36 ans, Messodie Samama incarne une nouvelle génération d’actifs en quête de sens, tiraillés entre ancrage professionnel et désir de reconnexion à la nature. Installée à Saint-Antonin-Noble-Val depuis 2022, cette kinésiologue et programmatrice en télétravail raconte un changement de vie mûrement réfléchi, loin des fantasmes d’une ruralité idéalisée.

Quitter la ville : un besoin de sens et de nature

Originaire de région parisienne, elle a d’abord fait le choix de s’installer à Bordeaux à l’âge de 27 ans. Elle y vivra cinq années avant de ressentir une forme de décalage grandissant avec son environnement. « Je rêvais d’avoir un potager, et je me suis rendu compte qu’en ville il y avait plein de moments où je m’ennuyais. J’avais l’impression qu’en ville il n’y avait rien à faire à part consommer », confie-t-elle. Derrière ce constat, une perte de sens s’installe progressivement. « Tout est payant en ville, donc à la longue j’avais une perte de sens là-dedans. »

Avec son compagnon, l’idée de quitter la ville s’impose alors comme un véritable projet de vie. Ce qu’elle recherche n’est pas simplement un changement de décor, mais un autre rapport au quotidien. « Je me projetais en train de faire du jardinage, des balades en forêt, des activités à l’extérieur, et je n’avais pas envie de prendre la voiture pour faire ça. » Une aspiration qui va guider leurs recherches à travers tout le Sud-Ouest, sans compromis.

💬 « En ville, j’avais l’impression qu’il n’y avait rien à faire à part consommer. »

💬 « On s’est dit que si on ne se plaisait pas ici, on ne se plairait nulle part en ruralité. »

Le choix de Saint-Antonin-Noble-Val pour s’installer

C’est finalement Saint-Antonin-Noble-Val qui s’impose comme une évidence. « On a traversé le Sud-Ouest, visité beaucoup de villes, pour finalement se rendre compte que rien n’avait d’égal à Saint-Antonin. » Ce qui les séduit immédiatement, c’est cet équilibre rare entre nature et commodités. « On aurait dit un petit quartier d’une ville : il y avait tout, tout en étant au cœur de la nature. » Cinéma, piscine, activités sportives, mais aussi randonnées, vélo et canoë accessibles à pied : le territoire coche toutes les cases. « On s’est dit que si on ne se plaisait pas ici, on ne se plairait nulle part en ruralité. »

Une installation rapide et facilitée par les rencontres

L’installation, loin des craintes initiales, se déroule avec une fluidité inattendue. Très rapidement, le couple se sent intégré. « Dès le deuxième jour, on était déjà en apéro avec des gens de notre âge. J’étais choquée. » Ce sentiment d’accueil se confirme dans les jours qui suivent. « En dix jours, on se promenait déjà en disant bonjour à des gens dans la rue. »

Pour Messodie Samama, cette capacité d’intégration est l’une des forces majeures du territoire. « Tout le monde est bienveillant, solidaire. Quand il y a un nouvel arrivant, très vite on va essayer de le mettre en lien. » Une dynamique collective qui facilite également les démarches du quotidien. « Même pour trouver des artisans, on a toujours eu quelqu’un pour nous aider. »

Travailler en milieu rural : entre opportunités et réalités

Sur le plan professionnel, la réalité s’avère plus nuancée. Déjà installée comme kinésiologue à Bordeaux, elle doit repartir de zéro. Consciente des limites du territoire en termes de clientèle, elle fait le choix de conserver une activité en télétravail. « J’avais conscience qu’en arrivant ici, personne n’allait me connaître. » Une décision pragmatique, renforcée par les retours qu’elle reçoit. « Une praticienne m’a dit : “bon courage, il n’y a pas de boulot ici, tu ne te feras jamais de clientèle”. »

Loin de se décourager, elle construit patiemment son activité. Cartes de visite, réseaux sociaux, bouche-à-oreille : la clientèle se développe progressivement. « Aujourd’hui, je vois que ça s’amplifie, mais je ne pourrais pas en vivre uniquement. » Dans un territoire où l’offre en bien-être est déjà dense pour une faible population, l’équilibre économique repose sur la diversification. Elle choisit même d’ouvrir un second cabinet à Montauban pour compléter son activité.

Une vie sociale plus riche qu’en ville

Côté vie personnelle, le contraste avec la ville est saisissant. « Ma vie sociale est beaucoup plus riche qu’avant. » Là où les interactions étaient fragmentées en milieu urbain, la proximité crée ici de nouvelles dynamiques. « On est tous proches, il y a plus de spontanéité. » Les rendez-vous informels rythment son quotidien, comme ces retrouvailles régulières après le marché du jeudi. « Il y a toujours quelqu’un qu’on connaît. »

Peu à peu, un sentiment d’appartenance s’installe. « J’ai l’impression d’être dans une grande famille. » Sans être proche de tout le monde, elle ressent une forme de sécurité collective. « Si demain j’ai un problème, je sais qu’on m’aidera. »

💬 « En milieu rural, tout peut être beaucoup plus fluide qu’on ne l’imagine, notamment grâce au tissu humain. »

💬 « Il faut des jeunes actifs pour réinvestir les campagnes et les dynamiser. L’avenir est à la campagne. »

💬 « Ceux qui se plantent sont souvent ceux qui ont fantasmé une vie au vert sans se poser les bonnes questions. »

Vivre au rythme de la nature au quotidien

Mais au-delà du lien social, c’est surtout le rapport à la nature qui transforme son quotidien. « N’importe quel jour, je peux aller faire une randonnée de deux heures, déconnecter. » Entre paysages variés et accès immédiat à la rivière, le territoire offre une qualité de vie qu’elle qualifie de précieuse. « C’est un luxe incroyable. » Dans un contexte de réchauffement climatique, cet accès à des ressources naturelles devient même un critère déterminant. « Avoir une rivière à cinq minutes de chez soi, ça a beaucoup compté dans notre choix. »

Cette réflexion s’inscrit dans une vision plus large de l’avenir des territoires ruraux. « Il faut des jeunes actifs pour réinvestir les campagnes et les dynamiser. L’avenir est à la campagne. »

S’installer à la campagne : conseils et réalités à connaître

Pour autant, elle met en garde contre les projections idéalisées. S’installer en milieu rural nécessite une réelle introspection. « Il faut être clair sur ses besoins. Nous, on savait qu’on n’était pas prêts à vivre au milieu de rien. » Cette lucidité a guidé leur choix. « On ne s’est pas raconté d’histoire. On reste des urbains avec certains besoins. »

Elle insiste également sur l’importance d’écouter ses aspirations plutôt que ses peurs. « Les choses peuvent être beaucoup plus fluides qu’on ne l’imagine. » Mais elle observe aussi les écueils de certains parcours. « Ceux qui se plantent sont souvent ceux qui ont fantasmé une vie au vert sans se poser les bonnes questions. »

Un territoire d’avenir à préserver

Aujourd’hui, Messodie Samama se projette durablement à Saint-Antonin-Noble-Val. Elle y construit des attaches, envisage même un engagement local à terme, et porte un regard attentif sur l’évolution du territoire. « Je souhaite qu’il se développe, mais sans se dénaturer. » Car au-delà de l’attractivité, c’est un équilibre fragile qu’elle appelle à préserver. « Il faut des personnes qui viennent pour vivre ici et s’impliquer, pas seulement consommer le territoire. »

Son coup de ❤️ local

« J’adore la pizzeria du Houx est où à Saint-Antonin-Noble-Val ! On y trouve des pizzas napolitaines authentiques et le couple d’Américains qui tiennent la boutique sont extras ! »

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